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L'INTERVIEW


Dans le cadre du FIFDH, l'émiliE a rencontré l'activiste visuelle sud-africaine Zanele Muholi qui parle de son travail et de son documentaire "Difficult Love". Interview réalisée à Genève le 8 Mars 2013 par l'équipe de l'émiliE.

chronique féminista-voyageuse

Etat social?

23-08-2013 C.M.

Etat social?

Ramón est médecin à Paysandú. Nous déambulons avec lui à travers le marché. Les verres à mate s'entassent pêle-mêle sur l'étale d'un brocanteur. Certains sont en bois tourné, d'autres de...

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Le fleuve des oiseaux peints

Kilomètre après kilomètre, des éléments surgissent. Nous sommes en Uruguay depuis trois jours, je rencontre Carlotta à Montevideo. On parle du président du pays, José Mujica. Elle dit "Il n'est vraiment pas bien, beaucoup de gens ont peur de ce qui va se passer. Il se sert de sa réputation d'ancien résistant pour pousser la destruction écologique du pays et renforcer le capitalisme dépendant. Si tu remontes la côte en vélo, tu verras".

Nous sommes en Uruguay depuis une semaine, c'est la fin de l'été, nous pédalons sous le soleil. Les routes de la côte sont moins bondées qu'en janvier, mais on croise encore des touristes argentins et brésiliens, à bord d'énormes 4x4 pour beaucoup, mais aussi dans de vieilles Chevrolet bringuebalantes et quelques deux chevaux pétaradantes. Il y a aussi les auto-stoppeurs, les motards et toutes celles et ceux qui prennent les bus, pour aller vendre des bracelets tressés et des boucles d'oreille sur les plages.

Nous nous arrêtons pour acheter de l'eau et des bananes dans une épicerie de bord de route. Discussion avec des gars du coin. Ils disent "Nous sommes des révolutionnaires, comme Pepe Mujica". Je demande "Comme le président? Il est toujours révolutionnaire, celui-là?". Ils disent "Oui! Nous, on est des "tupamaros", comme lui! Des résistants! Comme Juan Moulinne, chez vous!".

Nous sommes en Uruguay et je lis Tupamaras, des femmes de l'Uruguay de Ana Maria Auraujo. En 1980, elle écrivait "J'ai voulu re-prenser mon histoire, revivre mon passé politique de femme, avec d'autres femmes, guerrilleras, tupamaras. j'ai voulu les entendre et m'entendre dans leurs paroles. Paroles de femmes qui ont lutté... jusqu'à la vie et la mort... là-bas, dans mon continent latino-américain, dans mon pays : Uruguay, qui en langue guarani veut dire "Fleuve des oiseaux peints".

Je parle avec un homme devant sa maison. Il dit "Pepe Mujica, c'était le leader des tupas, il a fait de la prison et il est resté pauvre, comme nous".

Je rencontre Carla, dans un petit village sur la côte. Elle dit "Mujica? C'est un traître! Il a complètement retrourné sa veste. C'est un populiste, comme Lula au Brésil. Il dit qu'il est contre le capitalisme, mais il travaille pour les riches..."

Je lis La montagne invisible de Carolina de Robertis. "Les Sans-Nom ont remis ça, ils ont cambriolé un casino - Ils sont comme des Robins de bois - Ils vont nous sortir de ce bourbier - Les Sans-Nom, ils nous ont mis dedans, pauvre idiots, tout est de leur faute - Les punaises de l'Uruguay - Plutôt des héros - Plutôt des merdes - Ils vont libérer le pays - Pacheco ne les laissera pas faire - Les Sans-Nom sont plus malins que lui - C'est pas difficile - Ils se préoccupent plus de nous - Je les hais - Je leur dit bravo ! - Attention, pas trop fort! - Pourquoi pas ? Tu vois, on n'est pas libres! - Les Sans-Nom sont libres, eux - C'est évident - Rien à leur sujet n'est très clair - Demande-leur - Ha!

Les Tupamaros ont constitué l'organisation révolutionnaire uruguayenne la plus importante [M.L.N. Tupamaros, Movimiento de Liberacion Nacional], depuis les années soixante et tout le long de la dictature militaire qui débuta formellement avec le coup d'Etat de 1973 et mis des milliers de tupamaros et tupamaras en prison et à la torture jusqu'en 1985. José Mujica, prisonnier politique pendant 15 ans, devenu fou en prison et s'appuyant sur l'histoire du M.L.N. (T) pour se lancer dans la politique politicienne, est effectivement resté pauvre: comme le relaie avec enthousiasme la presse occidentale, il est resté dans sa petite ferme couverte de tôle... et porte des chaussures trouées! Il a mené des mesures très populaires telle que la légalisation de la consommation et de la culture, à titre privé, de la marijuana et il déclare verser sa rente présidentielle pour un programme de lutte contre les bidonvilles. Carla et Carlotta m'ont pourtant raconté, l'une avec crainte, l'autre avec colère, que c'était à leur avis des mesures très populistes, qui cachaient une politique inégalitaire et soumise aux intérêts des grands capitaux étrangers.

Je chercherai pour une prochaine fois des éléments plus précis sur ce qui motive peur et colère chez ces femmes.

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