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Genre&Féminismes

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Réveille-toi et innove !

 

Cet été, l'auteure a séjourné pendant plusieurs semaines à Kigali, capitale du Rwanda, dans le but de réaliser un reportage sur le thème des femmes entrepreneures. Partie avec son anti-moustique et son carnet de notes pour seuls bagages, Joëlle Rebetez nous propose en exclusivité une série de chroniques rédigées sous la forme d’anecdotes à la fois drôles et sincères et surtout, plusieurs portraits de femmes rencontrées au cours de son séjour. Elle nous parle aussi de féminisme ou, selon ses propres termes, d'un «féminisme de terrain» qu'elle a choisi d'expérimenter à travers le voyage, loin des contextes familiers.

Des doutes et un abonnement de fitness
Nous sommes le 27 juillet 2014, je franchis le portail de sécurité de l’Hôtel Serena, quartier de Nyarugenge, centre-ville de Kigali, Rwanda. Le vaste lobby de l'entrée est le théâtre des allées et venues incessantes des employé-e-s de l'hôtel, des hommes et des femmes d’affaires ainsi que des touristes de passage. Je m’installe au coin d’une table sur la terrasse qui surplombe la piscine extérieure, sors l’ordinateur coincé au fond de mon sac à dos et demande au serveur le code wifi. Je pense alors au projet qui m’a amenée au cœur du continent africain, dans ce tout petit pays, tellement petit qu’on ne le distingue plus lorsqu’on le pointe du doigt sur une carte géographique… Un peu comme la Suisse, d’ailleurs. Mais la surface du «Pays des mille collines» est encore plus restreinte, 26'000 km2 pour une population s’approchant des 12 millions d’habitant-e-s.

Ce séjour au Rwanda est en préparation depuis plusieurs mois. A l’origine, l’envie de partir à la découverte d’un pays en pleine reconstruction, 20 ans exactement après les événements de 1994. L’envie aussi de se lancer sur les traces de femmes entrepreneures et d’en faire un sujet de reportage. Un reportage sur les femmes, réalisé par une femme. Mettre en lumière le parcours de «femmes modèles» ; je parle ici de celles qui travaillent du matin au soir pour s’en sortir, qui créent, qui innovent par passion, et souvent par nécessité. Des femmes de courage ayant, au lendemain du génocide, lancé un atelier de couture, fondé une clinique médicale au centre-ville de Kigali, repris les rênes d’un village de campagne au sud de la ville Butare ou encore appris à conduire un taxi-moto, métier habituellement exercé par des hommes. Fatuma, Pétronille, Speciose, Vestine et bien d’autres, dont les portraits et les destins entrepreneuriaux seront dévoilés au fil de cette série de chroniques, me permettront de restituer, à travers une perspective strictement féminine, quelques images du Rwanda, tel qu’il se présente aujourd’hui. La promotion des femmes est, paraît-il, l’une des priorités de la politique gouvernementale. Un gouvernement conduit d’une main de fer par Paul Kagamé qui, en véritable CEO à la tête d’une vaste entreprise, veut transformer le Rwanda d'ici 2020 en hub économique et financier pour toute la région de l’Afrique centrale. 

Lorsque je commande ce jour-là mon premier «African tea» - thé noir accompagné d’un nuage de lait et d’une pointe de gingembre - les contours de mon projet sont encore flous, pour ne pas dire inexistants. Et pour être tout à fait franche, je n’ai en poche que les coordonnées de deux ou trois personnes, glanées au hasard de mes recherches sur le net et auprès d'une amie suisso-rwandaise – «Tu verras, des femmes entrepreneures, on en trouve à tous les coins de rue» m'a-t-elle confié juste avant mon départ. Ce travail, je dois donc l’imaginer et le mettre en œuvre de A à Z. Comment m’y prendre ? Où trouver des cheffes d’entreprise ? Comment les aborder et les convaincre de m’accorder un entretien ? Face à tant de questions qui ne peuvent trouver immédiatement réponse, j’établis un plan d’action en trois points : a) parler du sujet de mon reportage à toutes les personnes qui croiseront mon chemin, b) imprimer des cartes de visite et les disperser aux quatre vents et enfin c) trouver un club de fitness pour conjurer mes angoisses du moment et m’assurer au moins un rendez-vous fixe par jour !

L’abonnement de fitness, je peux le conclure directement à l’hôtel Serena pour la modique somme de… 250 USD, un luxe sans commune mesure. Mais si je dois rentrer bredouille en Suisse, j'aurai quand même pu m'accorder un peu d’exercice quotidien. Je ne sais alors pas encore que ce fitness se révélera très vite un point de départ essentiel pour la réalisation de mon reportage. En effet, j'y rencontrerai plusieurs personnes-ressources qui n'hésiteront pas à m’ouvrir leur carnet d'adresses. Quant aux cartes de visite, elles sont, à Kigali encore plus qu’ailleurs, indispensables pour avoir ses entrées…

Urambona Ikigali !*

*Traduction en français du Kinyarwanda : Kigali, me voici !

Photo,  Vue sur Kigali. Le quartier d'affaires se développe au cœur de la ville, © Joëlle Rebetez - 2014